Cadre général
L’épreuve d’orientation de la 2ème session 2026 s’est déroulée le jeudi 24 septembre dans les Cévennes, département de la Lozère.
Le 21 septembre, les candidats ont été informés qu’ils étaient convoqués à 17h00 à Mende le 23 septembre pour le contrôle des identités, numéros de téléphone, remise des dossards et doigts électroniques. L’épreuve d’orientation se déroulerait donc à moins d’une heure de route de Mende.
A 20h (plutôt à 20h30, d’ailleurs..)), le 23 septembre, les candidats ont appris que le départ de l’épreuve du lendemain se ferait sur une zone de loisirs, non loin de l’aérodrome de Mende.
Météo prévue : beau temps, chaud.
Au départ, le 24, les organisateurs étaient plutôt sympas et souriants, moins tendus que la veille…
103 candidats inscrits, je ne sais pas si certains ne se sont pas présentés.
Dans les consignes, il était noté l’absence d’eau au départ, sur le parcours et à l’arrivée, et les candidats devaient prendre obligatoirement au moins 3l d’eau dans leur sac à dos. D’habitude, les organisateurs préconisent d’avoir une gourde filtrante pour pouvoir recomplèter en cours de route, mais là ce n’était pas possible. Cette consigne a eu pour conséquence que les candidats ont été obligés de se charger davantage, et sur une épreuve comme celle-là, ce n’est pas un avantage. Pour certains, les 3l n’ont pas suffit et ils ont fini le parcours à sec! Peut-être aurait il été pertinent de la part des organisateurs de se fendre de l’achat d’une centaine de bouteilles d’eau à mettre à disposition à la balise 12 par exemple.
Cartographie
A regarder le secteur de course la veille au soir, la première impression était que l’orientation fine n’allait pas être trés compliquée car il n’y avait pas de micro-relief, on pourrait dire pas de relief du tout, même, sur les zones soupçonnées adéquates pour accueillir la 1ère section, et l’orientation fine. Même s’il y avait un peu de dénivelé dans la forêt domaniale de Mende, pas beaucoup de beaux rentrants, sortants, mamelons ou autres éléments de surface caractéristiques et propices à l’erreur.
Mais sur le terrain, il y avait une multitudes d’éléments ponctuels non cartographiés : tas de cailloux, barres rocheuses, gros rochers. Les organisateurs se sont donc appuyés sur ces éléments pour poser les balises. Ils ont apporté les modifications nécessaires pour que ces éléments apparaissent sur la carte. Ils ont dessiné les blocs rocheux, barres, ou tas de cailloux sur lesquels se trouvaient des balises. Ils ont également rajouté des sentiers qui n’étaient pas sur la carte.
Ils ont aussi interdit l’accès à 2 zones dangereuses, entre les balises 12 et 13, et entre la 20 et l’arrivée.
Trois passages sur la section physique étaient jalonnés, et indiqués en tirets rose/rouge sur la carte, entre la 13 et la 14, sur la partie qui remonte du talweg vers la 14, entre la 14 et la 15 pour descendre sur l’épaule vers la 15, et entre la 20 et l’arrivée, au-dessus de la zone interdite en suivant une clairière.
Suite à une conversation avec un candidat, je dois modifier ce qui est écrit ci-dessus : seule une portion jalonnée était obligatoire et tracée en tirets rouge sur la carte. C’était la portion le long de la clairière sur l’itinéraire de la 20 à l’arrivée.
Les deux autres portions jalonnées, entre la 13 et la 14, et pour aller à la 15, n’étaient pas obligatoires mais seulement recommandées. Elles étaient tracées en « rose » sur la carte, de la même couleur que les sentiers balisés, et étaient sensées représenter des sentiers balisés, justement. Sauf que ces portions n’étaient pas balisées comme des sentiers balisés, mais jalonnées avec de la rubalise. Tout le monde n’a pas compris qu’il fallait les envisager comme des sentiers balisés et qu’il était bien de les prendre, étant donné que l’organisation n’a pas communiqué à ce sujet. Sur la légende de la carte de l’examen, seul figurait l’itinéraire obligatoire en tirets rouge.
Les organisateurs avaient indiqué dans la légende de la carte la signification des éléments ponctuels rajoutés, ainsi que la signalétique de la portion à suivre obligatoirement, et des zones interdites. Le reproche que l’on peut leur faire, c’est de ne pas avoir briefer les candidats là-dessus. Surtout pour les portions jalonnées.
Au dire des candidats, le terrain était relativement dangereux sur la section physique, rendu glissant par les feuilles et les cailloux de calcaire qui avaient tendances à se détacher sous leurs pieds.
Sur le PTV, n’en parlons pas, mais c’est souvent le cas sur les PTV. C’est comme ça. Il faut être en mesure de le gérer.
La végétation était dense, avec beaucoup d’épineux. Beaucoup de layons présents sur la carte étaient refermés. Le terrain et la végétation ont fait que beaucoup de candidats ont hésité à couper, et ont perdu du temps par rapport au tracé envisagé par les organisateurs.
Les parcours
Je n’ai pas l’impression qu’il y avait beaucoup de nids de balises, en tout cas pas beaucoup de balises par nids. J’ai répertorié 2 balises 1, 2 balises 2, 2 balises 3 sur la 1ère section. Et 2 balises à chacun des postes de la section orientation, donc 6, 7, 8, 9 10 et 11. Les candidats n’étaient pas très nombreux non plus, ceci explique peut-être cela.
Aucun nid de balises sur la section physique, toutes les balises étaient communes à tout le monde.
La 1ère section était de difficulté classique, avec un timing qui semble toujours serré, surtout si on perd un peu de temps au départ avec le stress. On était sur un temps min de 55′, ce qui signifie que le calcul du temps s’est fait sur du 5,5 km effort (55/10, 10′ étant le temps au km effort).
La section orientation fine m’a parut assez simple (sur le papier) car des points d’attaque évidents, et très proches des balises. Mais bien sûr il fallait être précis, et un « grenouillage » sur une balise pouvait ne pas pardonner. Le temps min était de 1h48′, donc 108′, donc 10,8km effort.
Pour la section physique entre la balise 12 et l’arrivée si on fait le même calcul avec le temps min pour cette section de 2h59, soit 179′, on obtient 17,9 km. Si on regarde le dénivelé , on a 900 de D+ et 805 de D- et du coup, une distance pour le traceur de 8,1km. En distance azimutale, on serait à 6,8, avec prise en compte des itinéraires obligatoires jalonnés. Vous voyez qu’il n’y a pas beaucoup de différence, 1,3km pour 9 balises, et qu’il faut vraiment être au plus proche de la ligne rouge entre les balises.
C’est là que les candidats pouvaient perdre beaucoup de temps en évitant de couper et en prenant plus volontiers les pistes ou sentiers. Mais, visiblement, à leur décharge, la végétation était vraiment très dense et les descentes dans la forêt glissantes et dangereuses.
Le calcul des temps
Azimut ou meilleure ligne sur le terrain ?
Aprés avoir fait mes petits calculs…je pense qu’on est pas sur un calcul en ligne droite ou azimutal. Attention, ça ne veut pas dire que c’est calculé en passant au plus facile, par les pistes ou sentiers. Ça veut dire que le traceur a estimé qu’à tel endroit la meilleure ligne était de passer par un chemin, qu’à tel autre de couper au plus direct, en dépit de la végétation…
Si les temps avaient été calculés en ligne droite, ils auraient été encore plus serrés.
Pour la section 1, on serait plutôt sur un temps min de 45′ et max de 54′, pour les hommes et 58 pour les femmes.
Sur la section orientation, on serait plutôt sur du 1h27-1h45 pour les hommes et 1h27-1h54 pour les femmes.
Pour la section physique, j’en ai déjà parlée ci-dessus.
Ceci dit, il faut quand même bien garder à l’esprit que plus vous êtes prêts de la ligne tracée en rouge entre 2 balises, et plus vous avez de chance d’être dans les temps, à condition de pouvoir progresser relativement vite en hors sentier. Mais ça fait parti des attendus de cet examen.
En revanche, les temps étaient identiques pour tous les parcours, en tout cas, pour ceux que j’ai pus voir. Ce n’est pas très juste pour les candidats, même s’il n’y avait pas beaucoup de distance entre les différentes balises dans un nid.
Le fait que tout le monde ait le même temps aurait tendance à devenir la norme, ou je me trompe ?
Il me semble acté pour les organisateurs que le calcul des temps est « accessoire » et qu’une partie de ceux qui ont toutes les balises mais sont un peu hors délai, seront repêchés, ou pas…Ça dépendra de combien de candidats ont réussi…Ceci ne me semble pas très juste, encore une fois.
Conclusion et conseils aux candidats
J’espère que je ne vous ai pas trop embrouillés avec mes calculs). Pour moi, cette épreuve était d’un niveau normal pour un probatoire AMM. Ce qui l’a rendu plus difficile c’est le terrain, et la végétation peu pénétrable.
Il faut bien garder à l’esprit que tous les probas ne se valent pas, car tous les terrains ne se valent pas, que ce soit en terme de relief, de végétation, de substrat rocheux, de pente, etc…on ne peut pas les comparer, il faut faire avec ce que vous avez sous les pieds le jour J.
C’est une épreuve très exigeante. Il faut bien prendre la mesure de cette l’épreuve et considérer un échec comme un apprentissage. Même les candidats les mieux préparés techniquement et physiquement peuvent échouer, il y a beaucoup de paramètres qui rentrent en ligne de compte le jour J. La gestion du stress a une grande importance également.
Un proba, c’est une belle expérience, et il faut savoir en tirer toutes les leçons. Il faut être en mesure de se remettre en question, de voir ses erreurs et de continuer à s’entrainer sans rien lâcher.
A l’issue cette épreuve, il y aurait eu 15 candidats ayant trouvé toutes les bonnes balises dans les temps, ce qui fait 15% de réussite. Il faut, malheureusement je dirais, attendre la délibération du jury pour savoir si il y a des repêchés et combien. Je croise les doigts pour ceux qui sont dans l’attente..
Carte et temps
Je n’ai mis qu’une seule carte, même si j’ai d’autres balises. Ça n’a pas beaucoup d’importance, pour l’analyse, je vous ai dit ce qu’il y avait à dire plus haut. Désolée, si les petits dessins de cailloux, rochers, barres, ne sont pas aussi jolis que les originaux…)
