Randonner en sécurité en montagne en milieu tropical et équatorial
Randonner en sécurité, c’est anticiper et s’adapter en présence de risques qui menacent l’intégrité physique ou psychologique des ses clients. Pour anticiper et s’adapter, il faut connaître les risques auxquels l’AMM et ses client peuvent être exposés en montagne en milieu tropical et équatorial.
Les risques
Les zones montagneuses des DOM-COM (Départements et Collectivités d’Outre-Mer) présentent des risques plus marqués et spécifiques que dans beaucoup de massifs métropolitains, en raison du relief volcanique très abrupt, du climat tropical humide, de la végétation dense et des phénomènes naturels intenses. Voici les principaux dangers qui menacent le randonneur, classés par catégorie, avec les territoires les plus concernés.
1. Risques liés au relief et au terrain (très présents partout)
- Sentiers extrêmement raides, escarpés et étroits : dénivelés brutaux, marches innombrables (souvent >1000 m en une journée), passages aériens exposés.
- Très marqué à La Réunion (cirques, remparts, GR R2/R3), Martinique (traversée des Pitons du Carbet, Montagne Pelée), Guadeloupe (massif de la Soufrière et Basse-Terre).
- Glissades et chutes mortelles : sols boueux, argileux, racines glissantes, roches humides en permanence dues à l’humidité tropicale. Risque multiplié par temps de pluie (même légère) ou après plusieurs jours humides.
- Fréquent aux Pitons du Carbet (Martinique), sentiers de la Soufrière (Guadeloupe), Mafate/Cilaos/Salazie (La Réunion).
- Vertige et passages exposés : falaises, vires étroites, chaînes ou câbles parfois absents ou en mauvais état.
- Chutes de pierres / éboulements : fréquents après pluies ou séismes légers (volcanisme actif).
2. Risques météorologiques et hydrologiques (les plus mortels en Outre-mer)
- Crues soudaines et montées brutales des ravines/rivières : un orage en amont peut transformer un lit sec en torrent en quelques minutes → noyade, emportement.
- Très élevé à La Réunion (ravines, bras de rivières), Guadeloupe (Basse-Terre), Martinique, et zones humides de Mayotte ou Nouvelle-Calédonie.
- Orages violents soudains : foudre (très exposée en altitude), pluies torrentielles, brouillard dense → perte d’orientation, hypothermie rapide malgré la latitude tropicale.
- Changements météo extrêmes : départ au soleil → brouillard + vent fort + pluie froide en 30 min (cirques de La Réunion, sommets volcaniques).
3. Risques volcaniques et gazeux (spécifiques aux îles volcaniques actives)
- Émanations toxiques (SO₂, H₂S, CO₂) : irritations respiratoires, maux de tête, nausées, voire intoxication grave dans les cratères ou zones basses sans vent.
- Soufrière (Guadeloupe), Montagne Pelée (Martinique), Piton de la Fournaise (La Réunion – plus rare en randonnée pédestre).
- Fumerolles brûlantes, sol instable, coulées de boue ou lahars (coulées de boues volcaniques) potentielles après pluies fortes.
- Zones parfois interdites par arrêté préfectoral (ex. : sommet Soufrière, certains cratères).
4. Autres dangers biologiques et environnementaux
- Faune : peu de serpents venimeux (fer-de-lance en Martinique très rare aujourd’hui), mais guêpes/agressives, scolopendres, araignées, sangsues (La Réunion, Guadeloupe), moustiques (dengue, chikungunya, zika).
- Végétation dense et coupante : bambous, fougères arborescentes, lianes → coupures, griffures, orientation difficile hors sentier.
- Déshydratation et coups de chaleur : chaleur humide + effort intense, surtout en basse/moyenne altitude.
- Hypothermie : possible en altitude la nuit ou par mauvais temps (froid + vent + pluie), même à La Réunion >2000 m.
5. Risques humains et organisationnels
- Isolement et secours longs/difficiles : hélicoptère parfois impossible (brouillard, vent fort), délais d’intervention 2–12 h selon zone.
- PGHM très sollicité à La Réunion (interventions fréquentes), moins structuré ailleurs (pas de PGHM).
- Mauvaise préparation : sous-estimation du niveau (beaucoup de sentiers classés « très difficiles »), pas d’équipement (chaussures cramponnées, bâtons, coupe-vent, lampe, téléphone chargé avec batterie externe, carte/GPS offline).
Les plus gros dangers en montagne tropicale et équatoriale = EAU - CHALEUR - HUMIDITÉ
Sources : IA Grok et ChatGPT
Se prémunir contre les risques, le travail de l'AMM
1 – Risques liés au terrain et à la météo/hydrologie
- Se renseigner sur la praticabilité des itinéraires envisagés. Consultez les arrêtés préfectoraux (sentiers fermés fréquents après pluies ou éboulements).
- Se renseigner sur les conditions météo. Vérifiez « vigilance météo » spécifique (Météo-France local : .re, .gp, .mq, etc.) + bulletin ONF/PGHM (systèmes d’alerte météo et niveaux de vigilance abordés un peu plus bas sur cette page)
- Bien choisir ses horaires et ses itinéraires.
- Adapter la randonnée au niveau des clients (aptitude à progresser en terrain pentu, glissant ; vertige).
- Avoir dans son sac un bout de corde, sangles, mousquetons, au cas où il y aurait besoin de faire une main courante sur un sentier qui vient de subir un dommage, ou pour une traversée de rivière qui devient délicate en cas de pluie.
- Prévoir des itinéraires « bis » en cas de dégradation de la météo ou de problème avec un client.
- Redoubler de vigilance après la pluie.
- Évitez les ravines/lit de rivière par temps incertain
- S’assurer du bon équipement des clients (chaussures, vêtements pour tous les temps)
2 – Risques liés à l’humidité et à la chaleur
Le rôle de la transpiration qui est de produire une régulation thermique physiologique est impactée par le taux d’humidité de l’air. L’air dans les milieux tropicaux et équatoriaux étant saturés en humidité, la sueur, qui est là pour refroidir l’organisme, est inefficace, ce qui oblige l’organisme a produire encore plus de sueur. Ce processus provoque une perte d’eau accrue et donc la déshydratation.
Humidité élevée = sueur inefficace = transpiration accrue = déshydratation.
Il faut donc :
- une hydratation régulière et anticipée (2-3l/journée)
- une adaptation du rythme
- de fréquentes pauses
- des vêtements respirants
3 – Risques organisationnels
Prévoir les moyens de communications adaptés au terrain : téléphone, balise GPS, ainsi que des moyens pour mettre en sécurité un blessé en cas délais d’intervention qui peuvent être plus long (point chaud, bâche).
Avoir évidemment une trousse de secours, couverture de survie.
Systèmes d'alerte Météo
Il n’y a pas de carte vigilance unique nationale incluant tous les DOM-COM comme en métropole ; chaque zone a son propre bulletin et site dédié, avec une attention particulière au risque cyclonique dans les bassins Atlantique et Indien.
Les systèmes d’alerte météo dans les DOM et COM français sont adaptés aux risques spécifiques de ces territoires (cyclones, fortes pluies tropicales, submersion marine, vents violents, etc.), contrairement à la métropole où la vigilance classique (jaune/orange/rouge) porte surtout sur vent, pluie-inondation, orages, crues, vagues-submersion, neige, canicule, etc.
1 – Système principal : Vigilance Météo-France adaptée Outre-mer
Météo-France gère un dispositif de vigilance météorologique spécifique pour chaque territoire ultramarin, avec des niveaux et phénomènes ajustés :
Antilles françaises (Guadeloupe + Saint-Martin + Saint-Barthélemy, Martinique) :
- Phénomènes suivis : vents violents, fortes pluies et orages, vagues-submersion, cyclone (spécifique quand menace tempête tropicale ou ouragan).
- Niveaux :
- Pas de vigilance particulière (vert)
- Soyez attentif (jaune)
- Soyez très vigilant (orange) → Danger probable
- Vigilance absolue (rouge) → Danger très probable / imminent
- Pour les cyclones : anticipation souvent 24–72 h selon évolution. Confinez-vous (violet)
- Restez prudents (gris)
3. Sites directs :
- Guadeloupe/Saint-Martin/Saint-Barth : https://meteofrance.gp/fr/vigilance ; https://meteofrance.mq/fr/vigilance-meteo-antilles
- Martinique : https://meteofrance.mq/fr/vigilance
La Réunion (océan Indien) :
- Phénomènes : fortes pluies/orages, vents forts, vagues-submersion + alerte cyclonique dédiée.
- Niveaux :
- Pas de vigilance particulière (vert)
- Soyez attentif (jaune)
- Soyez très vigilant (orange) → Danger probable
- Vigilance absolue (rouge) → Danger très probable / imminent
3. Échelle cyclonique spécifique :
- Pré-alerte (blanc)
- alerte orange
- alerte rouge
- alerte violette
- phase de sauvegarde (bleu)
3. Sites Réunion :
https://meteofrance.re/fr ou https://vigilance.meteofrance.fr/fr/la-reunion
4. Suivi cyclones :
https://meteofrance.re/fr/cyclone
Guyane :
- Pas d’alerte cyclone (zone peu exposée).
- Vigilance surtout sur fortes pluies/orages, inondations, vents locaux.
Site : https://meteofrance.gp/fr (section Guyane) ou portail Météo-France principal.
Pour les crues, le système d’alerte est VIGICRUES comme en France Métropolitaine
